Agatha Christie

Agatha Christie

Agatha Christie est l’auteure ayant écrit le plus de best sellers dans le monde. Qui pourrait dire qu’il n’a jamais lu un seul livre écrit par Agatha Chistie ? Que ce soit à l’école, par plaisir, curiosité ou passion, tout le monde a déjà ouvert l’un de ses romans policiers. Si aujourd’hui les polars d’enquête sont un genre bien connu, à l’époque, la Reine du crime comme on l’appelle, fut l’une des pionnières du genre. En tout, elle a écrit 66 romans, 154 nouvelles et 20 pièces de théâtre, dont plusieurs ont de ses ouvrages ont été adaptés au cinéma.

Les débuts de la Reine du crime

Agatha Miller est née 1890, dans une famille de classe moyenne, dans le Devon, en Angleterre. Assez réservée, c’est à la maison, avec sa gouvernante qu’elle apprend à lire et à écrire en anglais, avant d’apprendre le français lors d’un long séjour en France ainsi qu’en suivant une partie de sa scolarité à Paris. Bien que déjà habituée à écrire des petits poèmes, c’est en 1910 qu’elle écrit sa première nouvelle, pour passer le temps, alors qu’elle est clouée au lit par la fièvre. Elle écrira plusieurs nouvelles sous plusieurs pseudonymes, mais ils seront tous refusés par les maisons d’édition. Elle s’imprègne ensuite des histoires de Sherlock Holmes et d’Arsène Lupin, pour faire plaisir à sa sœur qui la pousse à écrits des histoires policières.

Elle se marie avec Archibald Christie, un lieutenant qui lui donnera une fille après la Première guerre, et dont elle gardera le nom pour signer ses œuvres. Pour contrer les quelques problèmes financiers qu’elle et son mari connaissent, elle est contrainte d’augmenter son volume d’écriture et elle finit par trouver un éditeur qui publiera son premier roman, La Mystérieuse affaire de Style, qui présentera son célèbre héros Hercule Poirot pour la première fois aux lecteurs. Son premier roman à succès, Le Meurtre de Roger Ackroyd est publié en 1926, par la maison d’édition Collins qui a repéré le talent de l’auteure à travers ses six premiers ouvrages.

Quand la vie d’Agatha Christie inspire ses histoires

Comme tous les auteurs, Agatha Christie a enrichi ses histoires d’anecdotes personnelles. Par exemple, c’est à Torquay, sa ville natale qu’elle a rencontré de nombreux Belges, qui lui donneront l’idée de faire de son personnage, Hercule Poirot, un détective de nationalité belge. Cette station balnéaire était très prisée par les Belges plus chanceux, qui avaient réussi à émigrer en Angleterre pour échapper à la Première guerre mondiale.

C’est aussi dans son enfance qu’elle va découvrir l’Égypte et Le Caire pour la première fois. En 1910, elle part avec sa mère malade, vivre 3 mois en Égypte, afin que le temps chaud l’aide à guérir plus rapidement. Mais elle y retournera plus fois, étant même présente à Louxor, en 1923, lorsque la tombe de Toutankhamon est découverte. Passionnée d’ésotérisme, de spiritualité, de paranormale et de sciences occultes, cette découverte va l’inspirer pour sa nouvelle L’Aventure du tombeau égyptien. Mais elle va écrire d’autres romans dont l’histoire se déroule en Égypte. Il y a notamment Mort sur le Nil ou le plus surprenant La mort n’est pas une fin, qui est le seul roman dont l’histoire ne se déroule pas à une époque contemporaine, mais dans l’Égypte antique.

Son deuxième mari est l’archéologue Max Mallowan, dont elle partage la passion intrigante pour les fouilles. Souvent en déplacement professionnel dans des sites archéologiques au Moyen-Orient, Agatha Christie l’accompagne. Ces voyages vont l’inspirer grandement pour plusieurs de ses œuvres qui font référence à l’Orient, comme Dis-moi comment tu vis ou Le Crime de l’Orient-Express et même Meurtre en Mésopotamie où elle crée un personne pour se venger d’une rancœur personnelle envers la femme d’un collègue archéologue de son mari.

Tout comme ses livres, parfois la vie d’Agatha Christie ressemble à une énigme. Il y a un moment de sa vie qui restera à jamais un mystère. En décembre 1926, Agatha Christie disparait. Sa voiture est retrouvée près d’un étang et la presse s’empare de l’affaire. Comme dans ses romans, l’auteure qui n’est encore qu’à ses premiers succès, fait l’objet d’une enquête. Des battues réquisitionnant 15 000 personnes sont organisées. Elle est introuvable. Jusqu’à ce qu’on la retrouve 12 jours plus tard dans un hôtel de soin d’une station balnéaire. Entre amnésie, épisode suicidaire ou de détresse, elle prétendra elle-même ne pas savoir comment elle a atterri là. Le plus étrange est le nom d’emprunt qu’elle avait utilisé pour la réservation. Il s’agissait du nom de la maitresse de son mari. Cet épisode trouble a longtemps fait l’objet de spéculations. A-t-elle volontairement fait cet expérience dans le but d’en retirer un apprentissage sociologique pour l’écriture d’un personnage ? Souhaitait-elle faire de la publicité pour faire décoller sa carrière ? A-t-elle simplement été rongée de jalousie par l’infidélité de son premier mari ? Certains retrouvent ce passage de sa vie, parsemé discrètement dans plusieurs chapitres de ses romans.

Hercule Poirot et Miss Marple sont les deux personnages principaux de ses romans. Hercule Poirot était un héros presque réel, pour lequel une nécrologie a été publié en 1975, lorsqu’Agatha Christie tue son personnage dans le livre Hercule Poirot quitte la scène. Elle-même va mourir quelques mois plus tard. Miss Marple va elle aussi résoudre sa Dernière Énigme en 1976. Ses deux héros s’éteindront donc en même temps qu’elle.